Association  BPSGM          Les Basses Pyrénées dans la seconde guerre mondiale         64000 Pau

LE RESEAU « Comète »

logo-LignComete-Rem (1) Origines et motivations :

En mai 1940, après la bataille de Dunkerque de nombreux soldats britanniques, des équipages d’avions abattus, tentent de rejoindre l’Angleterre afin de poursuivre le combat. Ils doivent pour cela, rejoindre les autorités consulaires britanniques siégeant en Espagne. Mais il faut traverser la France occupée, franchir clandestinement la ligne de démarcation puis les Pyrénées avant d’atteindre l’Espagne franquiste.

C’est dans ce but que dès 1941 quelques réseaux parviennent à assurer des passages en dépit de tous les risques. Mais à partir de 1942 le nombre des candidats au passage vers l’Espagne grandit ; aux militaires alliés, aux prisonniers de guerre français évadés et aux volontaires pour reprendre le combat en Afrique du Nord, s’ajoutent ceux qui tentent de se soustraire aux persécution antisémites, aux réquisitions du Service du Travail Obligatoire et aux représailles contre les résistants.

Désormais, une quarantaine de réseaux s’activent dans les Basses – Pyrénées mais les difficultés sont considérables y compris sur la Côte Basque et particulièrement  en  gare de Bayonne.

Comète : les premiers pas

Début 1941 en Belgique, Andrée de Jongh une jeune femme de 24 ans et son compatriote Arnold Deppé, décident de créer une filière d’évasion par les Pyrénées. En mai, A. Deppé est mis en contact avec une famille bruxelloise réfugiée à Anglet, les de Greef. Par l’intermédiaire de républicains espagnols ayant fui le régime franquiste, Deppé recrute des hébergeurs et un passeur. Fin juillet 1941, Andrée de Jongh passe la frontière et se rend au Consulat britannique de Bilbao et persuade ses interlocuteurs de l’intérêt de son projet d’organiser la réception des évadés au-delà des Pyrénées. Le réseau « Comète » peut entrer en action.

L’organisation du réseau : met en mouvement quatre étages

  • Celui de Belgique et du Nord récupère les candidats au passage.
  • Celui de Paris assure leur acheminement vers le Sud-ouest.
  • Celui de la Côte Basque prépare et réalise le transfert
  • Celui d’Espagne dissimule les évadés.

 

Les premiers drames :

Au cours de l’été 1941, avec l’un des premiers convois, Arnold Deppé est arrêté.

Les coups durs se succèdent en 1942 et 1943.

Le 15 janvier 1943 à Urrugne, Andrée de Jongh est appréhendée à son tour en compagnie de trois aviateurs à la ferme «  Bidegain Berri » ; la propriétaire, Frantxia Uandizaga et son ouvrier, Juan Larburu , mourront en déportation.

Pourtant, cette organisation continue de fonctionner jusqu’en juin 1944.

 

Andrée de Jongh : 

« petit cyclonde jonghe », surnom donné par son père, et qu’elle porte si bien !

Dessinatrice en publicité à Malmédy en Belgique et infirmière diplômée, elle s’engage en mai 1940 dans la Croix Rouge. Elle est affectée à l’hôpital militaire de Bruges.

Début 1941, elle se trouve à Bruxelles où elle prend une part active à la formation d’une chaine de solidarité pour recueillir, héberger, nourrir et vêtir en civil des soldats britanniques.

Après l’arrestation d’Arnold Deppé en 1941, elle dirige seule l’organisation du réseau Comète et participe elle-même, aux cotés de Florentino Goicoechea, à l’évasion de 118 aviateurs en 33 passages. Arrêtée le 15 janvier 1943 à Urrugne, elle survit à la déportation à Ravensbrück.

Après la guerre, elle consacre sa vie à l’action humanitaire comme infirmière.

 

 

Elvire de Greef : 

de greffAlias « tante Go »

 Belge, réfugiée à Anglet avec sa famille, Elvire de Greef assume la responsabilité de Comète Sud de 1941à 1944.

Elvire tisse les mailles du réseau Comète pour le Pays Basque, avec l’aide et la complicité de son époux et du maire d’Anglet François Dommain. Elle s’entoure d’abord à Anglet et Bayonne d’Edouard Dassié,  contrôleur des Postes, de son épouse et de sa fille ; tous trois seront arrêtés en mars 1943 et déportés .Elle s’appuie aussi  sur Léontine Danglade et Marthe Mendiara, la première est épicière et la seconde aubergiste à Anglet.

 

 

Catherine Aguirre :

 

Dite « Kattalin »

Née à Sare,Kattalin gère le réseau Comète autour de Ciboure et de Saint-Jean-de-Luz.

En contact avec les réfugiés basques espagnols, elle passe du courrier, héberge et nourrit des évadés. Sa fille  Fifine, âgée de 14 ans, la seconde, ainsi qu’une voisine, Gracie Ladouce. Cette dernière, employée au service du ravitaillement à la mairie de Ciboure, fournit des cartes d’alimentation. Kattalin a reçu après la guerre, outre la Légion d’Honneur, de  nombreuses distinctions françaises et étrangères.

 

 

Jean-François Nothomb :

Alias « Franco »

L’arrestation d’Andrée de Jongh contraint son adjoint pour la Côte Basque, Jean –François Nothomb, un prisonnier de guerre belge évadé en 1941, à établir de nouveaux trajets.Sa mission débute mal puisqu’il est arrêté en Espagne mi-février 1943. Libéré par appuis diplomatiques, il refuse de gagner Londres et revient en France. Il met en sommeil provisoirement la ligne d’Urrugne et crée de nouveaux passages, l’un  à partir d’Espelette et Larressore, l’autre par Souraïde- Dancharia puis Sare. Pour tromper la surveillance dans les gares, les évadés descendent à Bordeaux, empruntent l’omnibus pour Dax et rejoignent Anglet puis Espelette à bicyclette. Martin Garat , boulanger de Larressore, Henri Claverie, mécanicien à Bayonne et deux cheminots s’occupent de la réception des évadés, de la réparation et du retour des vélos à Dax.

Franco est devenu le chef de Comète après l’arrestation de «  Paul » le père d’Andrée de Jongh le 6 juin 1943. Il est le seul agent du réseau encore accrédité auprès des Britanniques et assure lui-même plusieurs passages, seul ou avec Florentino. Il est arrêté à son tour le 18 juin 1944 à Paris et déporté.

 

Frédéric de Jongh : 

Alias « Paul »

Père d’Andrée, il remplace sa fille, trop recherchée en Belgique, avant de rejoindre Paris. Il renonce à passer en Espagne au moment où Andrée est arrêtée. Intercepté sur dénonciation à Paris, il est fusillé au Mont Valérien le 28 mars 1944.

 

Baron Jean de Greindl : 

Alias « Némo »

Directeur d’une œuvre de bienfaisance aux nombreuses ramifications en Belgique et en Hollande qui servent de couverture et d’intendance à Comète. Il est condamné à mort en avril 1943, tué à 38 ans dans le bombardement de la prison où il est interné.

 

Comte Antoine d’Ursel : 

Alias « Jacques Cartier »

Il devient le responsable pour Comète du secteur Belgique après l’arrestation de « Némo ». Il se noie dans la Bidassoa au cours d’une mission dans la nuit du 22 au 23 décembre 1943. Son corps, retrouvé par les Allemands, et celui du pilote américain Jim Burch qui a péri avec lui, sont d’abord transportés à Biriatou avant de disparaître.Une stèle est dédiée au Comte d’Ursel en surplomb de la Bidassoa.

 

Bernardo Aracama et Federico Armendariz :

Tous deux de San Sébastien, sont les points d’appui de Comète en Espagne.

 

Michou et Nadine Dumond en Belgique

 

Charlie et Elvire Morelle à Valenciennes

 

Robert Aylé à Paris

 

Janine de Greef à Anglet

 

Luis Lizarrituri Unzueta du Consulat de Belgique à San Sébastien

 

Sources :

Cécile Jouan : Histoire d’une ligne d’évasion. Edition du Beffroi, Furnes, Belgique- 1946.

Airey Neave : Petit Cyclone. Ed.Novissima, Bruxelles 1954.

Rémy : Comète. Ed. Librairie académique Perrin-Paris 1966.

Juan Carlos Jimenez de Aberasturi : En passant la Bidassoa . J et D Editions, Biarritz – 1996

Un commentaire à LE RESEAU « Comète »

  1. Il est dit partout qu’Antoine d’Ursel est mort dans la Bidassoa la nuit du 23 au 24 décembre 1943. Or les communes françaises que traversent cette rivière (Biriatou, Hendaye et Urrugne) n’ont pas enregistré le décès. Sauriez-vous où et quand l’acte a été dressé ? Mille mercis.

    http://www.evasioncomete.org/fdurselaa.html
    Antoine d’URSEL, épuisé et gelé, décède ainsi par hydrocution le 24 décembre 1943 vers 02 heures du matin, à l’âge de 47 ans.
    Les deux corps sont retrouvés reposant sous l’eau à Biriatou en face du lieu-dit « San Miguel » le 26 décembre par la brigade de gendarmerie de Behobie. Les Allemands ont emporté tous les documents et objets trouvés sur les deux cadavres. Le docteur REBOUL, de Hendaye, a dressé un certificat de décès en date du 27 décembre. l’inhumation devait attendre l’autorisation de Mont-de-Marsan. Le PV est signé du Maréchal des Logis Chef SOUCARROS.
    Leurs corps ont été retrouvés à Biriatou par les Allemands, mais à ce jour on ignore encore le lieu de leur sépulture ultérieure.

Laisser un commentaire