Association  BPSGM          Les Basses Pyrénées dans la seconde guerre mondiale         64000 Pau

CONDADO Casimir

casimir 1Casimir CONDADO.

Né le 12 février 1922 à Saint-Pée-d’Oloron.

 

Extrait de l’allocution prononcée le 22 novembre 2010, à Oloron-Sainte-Marie,  par le Général Bernard Peyrefitte (Président honoraire du Comité d’Oloron-Sainte-Marie du Souvenir Français) à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de l’exposition retraçant l’histoire du Maréchal Philippe Leclerc de Hauteclocque.

 

Né à Saint-Pée-d’Oloron le 12 février 1922, Casimir Condado y a passé sa jeunesse et poursuivi ses études jusqu’à 14 ans. Dès ce jeune âge, il commence une activité agricole à Ance, Féas, puis Saint-Pée.

Il a 17 ans lorsque la seconde guerre mondiale éclate et le 7 novembre 1941 il est appelé à servir pendant 8 mois dans les chantiers de jeunesse à Foix en Ariège au groupement 28. Il rentre à Saint-Pée à l’été 1942 et prend une activité d’exploitant forestier jusqu’au moment où, comme beaucoup d’autres camarades de son âge, il est réquisitionné pour le S.T.O.

La France est depuis décembre 1942 totalement occupée par les Allemands et la zone libre n’existe plus. C’est alors que son sens du devoir patriotique allié à son courage le conduisent à refuser cette condition inacceptable pour lui. Très vite, il se renseigne autour de lui et cherche une filière pour franchir les Pyrénées et rejoindre l’Armée d’Afrique.Ce n’est pas simple, une grande discrétion s’impose car les risques sont grands et, finalement, il rejoint Tardets  et retrouve quelques personnes qu’il connait bien et en particulier Eugène Gil avec qui il s’évadera.

Le 6 mars 1943, il franchit la frontière espagnole par la forêt d’Iraty avec un groupe qui a connu des péripéties redoutables car des patrouilles allemandes les poursuivant ont tiré sur eux dès la frontière franchie. Le froid, la naige, la montagne, la nuit, la fatigue, la faim ont marqué ces journées d’évasion. Il faut dire que Casimir Condado n’a pas hésité à sauver deux jeunes femmes juives qui, découragées par cette marche épuisante, s’apprêtaient à renoncer à s’évader et se rendre aux Allemands. Enfin, ils atteignent un poste espagnol de carabiniers: ils peuvent manger et dormir.

Puis, ce fut Issaba et l’internement à Pampelune et Figueirido durant 7 mois et demi avec privations, faim, vexations. Il va perdre 33kg pendant cette période.

Libéré, il arrive à Madrid où la Croix-Rouge le prend en compte puis à Malaga où il embarque sur le Sidi Brahim avec cap sur Casablanca qu’il atteint le 23 octobre 1942.

Casimir Condado, comme d’autres Béarnais, s’engage au 12ème régiment de Chasseurs d’Afrique intégré à la 2èm D.B. du général Leclerc. Ce régiment se reconstruisait après les combats menés depuis février 1941à Koufra puis, en Libye et en Tunisie.

C’est une période de formation de combattant, de pilote et tireur de char Sherman, jusqu’en avril 1944 où le régiment s’embarque pour l’Angleterre. Après trois mois d’entrainement dans le sud de l’Angleterre où il acquiert le brevet de tireur d’élite, Casimir débarque sur les plages de Normandie le 1er août 1944 avec son régiment de la 2ème D.B. qui rejoint alors la IIIème armée du Général Patton. Immédiatement les combats sont engagés sur Alençon où il est blessé par éclats d’obus, puis avec son régiment, il fonce sur Paris qui est libéré le 15 aout 1944, soit 3 semaines et demie après son débarquement. Il fut l’un des premiers à être entré dans Paris.

Dès le 13 septembre, ce sont les combats des Vosges à Dompaire, puis Baccarat, Epinal, Colmar, le col de Saverne et, enfin, Strasbourg libéré le 23 novembre. C’est dans les combats de Dompaire que Casimir Condado obtient sa croix de guerre pour avoir détruit, seul, deux chars ennemis, le premier et le dernier d’une colonne blindée allemande qui fut, par la suite, anéantie. Le Général Leclerc, venu sur les lieux de ce fait d’armes le lendemain, a serré la main de Casimir en lui disant « Tu as fait du bon travail« .

Après le terrible hiver 1944, le Rhin étant franchi à Kehl le 30 avril 1945, ce fut l’offensive de la division sur la Bavière vers Berchtesgaden atteint début mai et la capitulations de l’Allemagne le 8 mai 1945.Casimir Condado a été de tous ces combats jusqu’au « nid d’aigle d’Hitler ».

La guerre enfin terminée, Casimir Condado est enfin démobilisé et rejoint le Haut Béarn. Il entre chez Messier à Bidos où il employé jusqu’en 1978, date à laquelle il prend sa retraite……

Il décède le 8 décembre 2013 à Oloron-Sainte-Marie.

Un square d’Oloron-Sainte-Marie porte son nom.

Casimir 2

Décorations:

Chevalier de la Légion d’Honneur,

Médaillé militaire,

Croix de guerre 39-45 avec citation,

Presidential Unit Citation (U.S.A.),

Médaille des évadés de France,

Médaille des combattants volontaires de la résistance,

Médaille des internés résistants,

Médaille des réfractaires,

Médaille commémorative de la guerre 39-45,

Porte drapeau de la section d’Oloron des évadés, du comité d’Oloron de la Légion d’Honneur,

Titulaire de la médaille d’honneur de la ville d’Oloron.

 

 

brevet militaire  carte combattant volontaire      carte refractaire

 

medaille evade                                       presidential unit                               combattant volontaire

 

citation perso

Citation personnelle, septembre 1944.

 

 

 

 

Pour plus d’information:

Un récit de son évasion:cliquer ici

Un autre récit de son évasion: cliquer ici  ; voir pages 21 et 22 de la publication: Mémoire d’Aspe, bulletin N° 13/14.

Recherche de co-évadés: cliquer ici

Dossier pour l’inauguration du square C. Condado à Oloron-Sainte: cliquer ici

Vue du square C. Condado à Oloron-Sainte-Marie: cliquer ici.

Des photos de la libération de Paris: cliquer ici

Pour visionner une série de photos communiquées par Casimir Condado:

Enregistrement de l’interview de Casimir Condado réalisé par Virginie Picaut, association « Paroles de témoins »:

 

 

 

Désolé, les commentaires sont fermés pour cet article.