Association  BPSGM          Les Basses Pyrénées dans la seconde guerre mondiale         64000 Pau

Archives annuelles : 2019

Le cinquième homme d’Idron. Synthèse d’une recherche.

1944-2019 : 75 années séparent ces deux dates ; 75 ans pendant  lesquels un homme fusillé par les Allemands était plongé dans l’anonymat ; son passé l’a rattrapé aujourd’hui.

 

 

 

 

Tout a commencé il y a plusieurs dizaines d’années alors que je recherchais divers documents, témoignages et autres informations sur mon grand-père Pierre Cotonat. Il était inspecteur de Police à la 17ème brigade de Police Judiciaire de PAU et Résistant.

 

Avec une vingtaine de ses camarades de cette brigade de Police Judiciaire, et avec l’accord de leur chef le commissaire Principal Louis Spotti, ils avaient rejoints le maquis de l’œil du Néez à REBENACQ à l’entrée de la vallée d’Ossau.

 

Le maquis fut attaqué par les Allemands le 14 juin 1944 vers 19h00 et trois policiers aux avant-postes furent capturés par l’occupant et un résistant, Eugène Daure tué sur place. Ces trois policiers étaient Louis Mourlhon, Michel Loustau et mon grand-père, Pierre Cotonat.

 

Ramenés sans ménagement sur Pau au siège du Sipo-SD, Villa ST Albert puis à l’hôtel Beauséjour siège de la feldkommandantur; ils y furent torturés.

 

Le lendemain 15 juin, à Idron à quelques kilomètres de là dans le bois du Lannot, entre 18h00 et 20h00 deux camions bâchés amenaient les cinq hommes entourés d’hommes en armes. Après avoir parcouru une centaine de mètres à pieds, traversés une rivière à guet, les cinq hommes devaient creuser la fosse qui verrait leurs corps tomber.  Ils furent abattus à coups de mitraillette puis ensevelis.

 

Les camions retraversaient le village d’Idron débâchés, les soldats chantaient.

 

Les trois Inspecteurs tombaient pour la France avec deux autres résistants provenant d’autres maquis. Le quatrième fusillé s’appelait René Amiel, du Corps Franc Pommiès, Cie Vernet arrêté le 14 juin vers 14h00 à Sévignacq-Meyracq.

 

Le cinquième quant à lui n’avait jamais était identifié. Il portait le n°49. En effet, à cette même époque, d’autres charniers palois avaient vu le jour, et chacun des corps était répertorié sur une liste générale.

 

Une découverte intéressante

 

Alors que j’effectuais des recherches sur ce Maquis de Rébénacq, je découvrais un bien étrange document : le procès-verbal d’exhumation (daté du 28 août 1944) des cinq corps d’Idron dressé par le commissaire Pédoussaut de la Police Judiciaire Paloise. En lisant avec attention ce procès-verbal, j’y trouvais des détails sur chacun des fusillés, descriptions physiques, vêtements, bijoux -quand ils n’avaient pas été volé- et divers objets.

 

A cette date, seuls étaient identifiés formellement Louis MOURLHON, Michel LOUSTAU, et Pierre COTONAT par leurs collègues qui dirigent les fouilles. Voilà deux mois que les corps étaient enterrés dans une fosse en pleine terre et l’été étant particulièrement chaud, on imagine aisément la difficulté à reconnaître les corps.

 

Il faut attendre septembre 1944 pour que soit identifié René AMIEL.

 

Restait le cinquième, l’inconnu ! le procès-verbal le décrivait physiquement de manière assez sommaire mais la description des vêtements était plus précise, à savoir qu’il portait un bleu de travail, une ceinture en caoutchouc, un veston marron avec une étiquette de fabricant « St Blancard, tailleur civil et militaire, Aire sur Adour », une alliance, une paire de sandales.

 

Voilà donc que se profilait un homme qui, jusque là, pour moi, n’avait ni âge, ni taille, ni apparence d’aucune sorte.

 

Ma grand-mère, dans sa quête de vérité d’après-guerre s’était souvent interrogée sur cet homme « seul » même dans la mort. Elle pensait que c’était peut-être un de ces Républicains espagnols, qui après voir fuit le franquisme, était venu combattre les nazis en France. C’était d’ailleurs la version « officielle » des autorités de la libération.

 

Cette version pleine de bon sens expliquait que l’homme porteur d’une alliance n’avait pas été réclamé par une famille peut-être restée sur la péninsule ibérique et qui ignorait tout de sa fin tragique.

 

Les autorités administratives et judiciaires d’après-guerre avaient bien tenté cette identification parmi d’autres inconnus (notamment avec le charnier du Pont Long où 47 corps avaient été découverts), ceci en vain.

A leur décharge, ces mêmes autorités étaient également chargées de rétablir l’ordre républicain, d’identifier et de retrouver des auteurs de crimes de guerre, de dénonciations tout en assurant le ravitaillement de la population. Les tickets d’alimentation était encore en circulation à l’aube de 1950 !

 

Les années passèrent, les cinq fusillés d’Idron étaient célébrés et l’identification de l’inconnu s’éloignait avec le temps.

 

Une découverte déterminante mais insuffisante

 

Dans les années 2008-2010, c’est encore  aux archives départementales des Pyrénées-Atlantiques que je découvrais, cette fois-ci une lettre manuscrite d’un particulier daté du 26 août 1944. Cette personne, Mme PABON-LABEYRIE Adèle, demeurant à Aire sur Adour adressait cette lettre à un responsable de la Préfecture de Pau.

 

Dans ce courrier, elle précisait avoir lu dans le journal du jour qu’un charnier au Pont-Long (47 corps de résistants fusillés) avait été mis à jour et demandait si un membre de sa famille (sans préciser le degré familial qui la liait à cet homme) qu’elle prenait la peine de décrire n’était pas dans ces fosses communes.

 

Enfin, elle précisait que cet homme avait été arrêté le 14 juin 1944 à Aire sur Adour, avait subi un interrogatoire le 15 à Pau et qu’elle ne savait ce qu’il était advenu de lui.

 

La description physique assez précise (jusqu’ un bridge métallique côté gauche de la mâchoire), le lieu d’arrestation, les dates correspondaient en tous points à l’inconnu d’Idron. Malheureusement, la lettre ne me permettait pas d’en savoir plus sur ce membre de sa famille, qui était-il, quel degré de parenté ?

 

Il a fallu que je poursuive mes recherches sur internet où j’ai pu découvrir une biographie de Adèle Pabon-Labeyrie, célèbre propriétaire de ganaderia dans les Landes. Elle fut mariée deux fois.

 

Mes recherches sur sa famille n’ont pas été facile, je découvrais qu’elle était morte dans les années 80, que ses fils étaient également décédés avant elle. Malgré de nombreux contacts, je ne trouvais que des membres très éloignés de sa famille qui ne pouvaient me renseigner sur ce courrier assez énigmatique.

 

Enfin, je trouvais Lionel Labeyrie, un petit-fils qui lui non plus ne pouvait m’en dire plus sur ce « membre de la famille disparu » malgré l’intérêt qu’il portait à son histoire familiale.

 

            Enfin un nom !

Le véritable déclencheur fut M. VERGEZ, directeur de l’ONAC-VG 64 ; lui confiant mes recherches, il me donna à lire l’histoire du Corps Franc Pommiès par le Général Céroni en me disant que la Résistance dans les Landes y était traitée. Ayant lu pas mal d’ouvrage sur la résistance dans les Landes, je ne pensais pas découvrir la perle rare .

 

Courant novembre 2012, au détour de ce livre, je découvrais l’extrait des souvenirs du Maire d’Aire-sur-Adour, René MERICAM daté de 1947 qui était reproduit. Je tombais notamment sur l’arrestation de deux ouvriers agricoles aturins Gaston Mouchez et Georges CORAN le 14 juin 1944 par les Allemands ; Ces derniers avaient déclenché l’état de siège de cette ville suite au harcèlement par les FFI des troupes allemandes de passage dans cette région. Un détachement allemand de PAU et un de MONT DE MARSAN arrivaient chacun d’un côté de la ville rebelle.

 

Il était précisé que Gaston Mouchez avait été libéré quelques jours plus tard mais que Georges Coran avait disparu sans qu’on ne su ce qu’il devint. On apprenait également que les deux aturins avaient été conduits sur Pau.

 

Voilà que les pièces du puzzle s’assemblaient, mais était-ce la bonne piste ? je recherchais dans mes centaines de notes, papiers d’archives et découvrais en relisant une biographie de Adèle PABON-LABEYRIE qu’elle était, par son mari, cousin de Joseph Coran (écarteur landais célèbre).

 

Georges Coran, l’homme arrêté le 14 juin à Aire était son frère ! le lien familial non précisé par Adèle Pabon sur son courrier était là !

 

Je reprenais contact avec Lionel Labeyrie, qui, éclairé par mes trouvailles, retrouvait des bribes de cette histoire familiale ! Quelques jours plus tard il m’envoyait une copie d’une pièce d’identité de Georges Coran que sa grand-mère avait conservé.

 

Un faisceau d’indices concordants

 

Tout correspondait maintenant, l’inconnu d’Idron avait un nom, un visage, un passé. Il était né à Preignac -33- le 17/10/1899. Il était marié à Léa Dufrechou et avait eu une fille, Lucette, née en 1935. Cette dernière était décédée le 04/06/2011 alors que la veuve de Georges Coran était décédée le 15/02/2012 !

 

Quelle ne fut pas ma déception ! Je venais de retrouver trace de cet homme courant 2012 et sa veuve était décédée la même année !

 

Je continuais mes recherches prenant contact avec des membres de la famille Coran. Suzanne Rata, belle-sœur du disparu, Patrick Millette, petit fils de Georges Coran  me donnaient des renseignements d’importances. J’apprenais que Georges et sa femme Léa tenaient « le Petit Bar », cours du Maréchal Pétain à Bordeaux, angle rue de Belfort.

 

Georges avait été timonier dans la marine puis démobilisé après l’armistice de 40. Elle se souvenait également que Georges avait rejoint la zone libre alors que sa femme gérait le « petit bar ».

 

Georges se rendit à Aire sur Adour chez sa cousine par alliance Adèle Pabon-Labeyrie où il était logé. Dans cette famille très attachée à l’élevage de vaches landaises, Georges était « tireur de corde ». Elle se souvenait de son arrestation par les Allemands en juin 1944, et que cela se passait en début d’après midi. Elle me précisait que Georges et un cousin étaient partis faner à la sortie d’Aire, qu’ils avaient été arrêtés.

 

Elle se souvenait également que Georges avait été trouvé porteur d’un carnet compromettant et qu’il avait été giflé avec par les troupes d’occupation. Les deux ouvriers prisonniers avaient été ramenés sous bonne escorte à quelques centaines de mètres de là à la kommandantur provisoire installée à l’Hôtel Terminus d’Aire.

 

Georges Coran était sorti de la kommandantur entouré d’allemands et avait glissé à un autre cousin présent dehors : « quey soy foutut » (je suis foutu) ;  il montait dans un camion qui l’emmenait à Pau. A partir de ce moment-là, plus personne n’entendit parler de Georges Coran malgré les recherches et démarches administratives et familiales.

 

A cette époque Georges Coran portait une alliance puisque marié, le fait qu’il soit parti faner (l’inconnu était en sandales et bleu de travail conformément à un ouvrier agricole landais) complétait mon faisceau d’indices.

 

Je retrouvais des procès-verbaux de gendarmerie établis en 1950 où des témoins de l’arrestation de Georges Coran étaient interrogés. On y apprenait qu’il avait été arrêté devant la « pension Dupouy » (aujourd’hui magasin Passion Fleurs) et que ce sont les Allemands qui l’avait arrêté et frappé.

 

Recherche du lieu de sépulture de l’Inconnu d’Idron

 

Il me restait a retrouver le lieu de sépulture de l’inconnu ; chacune des familles des fusillés avait rapatrié le corps de son parent, mais l’inconnu avait du resté enterré au cimetière de PAU. Avec le responsable du cimetière nous avons parcouru registres et allées du cimetière en vain.

 

C’est lors d’une énième visite au cimetière que je retrouvais en fond de registre des inhumations des feuilles dactylographiées où étaient portées les noms ou  la mention inconnu de fusillés avec leur numéro d’exhumation. Je retrouvais celui qui portait le N°49, « l’inconnu d’Idron ».

Malheureusement son corps avait était transmis sur Lyon, sans plus d’indication, ni date ni cimetière lyonnais.

 

J’ai, au fur et à mesure, contacté soit par mail soit par téléphone tous les cimetières de la capitale des Gaules, jusqu’au jour où l’on m’a répondu favorablement, le corps d’un inconnu en provenance de PAU sous le N°49, était bien enterré à La nécropole nationale de la Doua sous le numéro E-5-6. Son corps avait été transféré le 18 juin 1962.

 

Pourquoi pas des recherches ADN pour confirmer mes investigations

 

Maintenant que j’avais un descendant vivant et le corps de l’inconnu à Villeurbanne, je pensais qu’un comparatif ADN nous permettrait de confirmer mon hypothèse. J’étais encouragé par Thierry ALENDE, Directeur Départemental de la Sécurité Publique duquel je dépendais.

 

Je commençais les démarches, du Ministère de la Défénse au Ministère des Anciens Combattants Je présentais mes recherches au maire de PAU François BAYROU qui intervenait auprès des autorités nationales, en vain. Monsieur le Président Général BARCELLINI prenait en main ma demande et fin 2014, j’obtenais du ministère, responsable de la nécropole,  l’autorisation d’exhumer à mes frais le corps de l’inconnu aux fins de prélèvements ADN.

 

Je me demandais comment je ferai pour effectuer cette comparaison, famille-inconnu, quel cadre légal pourrais-je utiliser ?

 

Je découvrais un décret récent, de 2012 qui prévoyait une procédure extra-judiciaire d’identification sous contrôle du Parquet territorialement compétent.

 

Fort de cette découverte, j’écrivais au Procureur de la République de Lyon, Marc CIMMAMONTI qui me répondait très rapidement, qu’au vu de mon enquête minutieuse il m’accordait le fait de faire procéder à l’exhumation de Villeurbanne par un laboratoire de police scientifique ainsi que la comparaison ADN. Cette poursuite d’enquête se ferait sous contrôle de Madame DENIZOT, premier Vice-Procureur.

 

Les frais d’exhumation et d’ADN, restaient à ma charge. Le Souvenir Français prenait finalement à sa charge l’exhumation.

 

2015 : exhumation à la Doua

 

En avril 2015, les restes de l’inconnu étaient exhumés en présence de l’Officier de Police Judiciaire, de magistrats, du médecin-légiste Alain MIRAS et de journalistes. J’étais présent également.

 

Au cours de l’opération un bridge de plusieurs dents métalliques apparaissait, je pensais immédiatement à la lettre découverte aux archives où Adèle PABON parlait de « ce membre de sa famille » (donc Georges CORAN) qui portait des dents en métal côté gauche.

 

Les ossements exhumés, nous nous rendions dans un local à l’abri. Le corps était globalement « reconstitué ». Le légiste me confirmera que le bridge métallique était issu du côté supérieur gauche de la mâchoire ; voilà un nouvel indice qui confirmait ma piste. Les prélèvements étaient placés sous scellés et le corps inhumé à nouveau dans un nouveau cercueil portant le drapeau tricolore.

 

Le laboratoire de police scientifique de Marseille et son ingénieur Alain STEVANOVITCH procédait au comparaison avec un petit neveu vivant (car c’était impossible avec le petit-fils au vu des contraintes des comparatifs d’ADN). Le seul chromosome Y (ADN masculin ) est comparé. Cet ADN n ‘est pas très fiable par rapport à de l’ADN féminin (mitochondrial) qui lui est beaucoup plus sûr.

 

Résultats de l’analyse ADN décevant

 

En septembre 2016, le résultat tombe, les marqueurs ADN masculin ne sont pas les mêmes, il n’y a pas de lien entre le petit neveu de CORAN et l’inconnu d’Idron ! c’est la douche froide.

 

Contre-enquête

 

J’ai repris tous les éléments, recroisé les sources, trouvé de nouveaux éléments et tout me ramenait inexorablement à Georges CORAN. En accord avec le Magistrat de Lyon et l’ingénieur du laboratoire, j’essayais de trouver une « ligne ADN » dans laquelle nous pourrions prélever de l’ADN mitochondrial. Aidé d’un généalogiste de PAU je retraçais l’arbre généalogique contemporain de la famille CORAN. Je découvrais que Georges avait eu deux sœurs. C’était vers elles qui fallait se tourner pour découvrir de l’ADN féminin dans la descendance.

 

La première sœur Gabrielle avait épousé un militaire avant la Grande Guerre mais ce dernier y avait laissé la vie et la veuve inconsolable n’avait pas eu d’enfant. Elle était resté veuve jusqu’à sa mort en 1968. Cette piste s’évacuait donc.

 

La deuxième sœur Léonie avait été mariée et avait eu…une fille, Henriette Larquier ; à ce moment là, j’imaginais de la descendance féminine qui serait facile à convaincre pour donner de l’ADN sur un coton tige.

Malheureusement la poursuite des investigations allait encore une fois me décevoir. Cette nièce de Georges CORAN n’avait pas eu d’enfant de son mariage et était morte de tuberculose à 40 ans !

 

2018 : l’exhumation de la mère de Geoges CORAN à Mont de Marsan

Après avoir épuisé tous les recours, il fallait que je me résigne à faire exhumer la mère de Georges CORAN, Pascaline LABEYRIE enterrée à Mont de Marsan ! c’était la seule solution pour obtenir cet ADN féminin.

 

Après avoir obtenu les autorisations, le Parquet de Mont de Marsan était saisi pour effectuer l’opération de la dernière chance à savoir l’exhumation des restes mortels de Pascaline aux fins de comparaison avec les restes exhumés à la Doua trois ans plus tôt.

 

2019 Résultats ADN

 

Il faudra attendre fin mars 2019 pour qu’enfin le résultat tombe, Pascaline Labeyrie et l’Inconnu d’Idron enterré à La Doua avait le même profil génétique.  Le lien mère-fils par les ADN nucléaire et mitochondrial  établissaient une probabilité de ce lien supérieure à 99,9999 %.

 

 

Cérémonie des 75 ans des fusillés d’Idron

Depuis le 15 juin 2019, 75 ans jour pour jour après leur mort le nom de Georges CORAN gravé sur une plaque rajoutée sur le monument qui mentionnait jusqu’à là « un martyr inconnu » était dévoilé devant les familles des fusillés et en présence des autorités civiles et militaires. Une centaine de personnes, accompagnée d’une vingtaine de porte drapeaux, étaient présents. Une dizaine de personnes de la famille de Georges CORAN était présente, très émue.

 

 

 

          Pour la première fois, un chevalet présentait les photographies des cinq fusillés, les réunissant enfin malgré la volonté des nazis qui avaient cherchés à annihiler l’existence de ces patriotes leur ôtant tous signes d’identification.

 

Claire BAUDOIN entonnait « a capella » le chant des Partisans qui, à ce moment là raisonnait dans ce petit bois comme une ultime victoire de l’humain sur la barbarie.

 

 

Un dépôt de gerbes était effectué par la mairie et par les descendants des cinq fusillés présents.

 

La  Marseillaise venait clôturer l’émouvante cérémonie comme l’épilogue d’un mystère vieux de 75 ans, révélant l’image de celui qui avait été un cordier landais célèbre, un engagé volontaire de 14-18, un marin mobilisé en 1939 sur le patrouilleur « Victoria » coulé à Mers-el Kébir le 6 juillet 1940,  un commerçant bordelais puis un résistant. Quelle riche vie, mon cher Georges CORAN, reposes en paix avec tes compagnons d’infortune. Nous ne t’oublierons plus, c’est notre devoir !

 

 

 

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