Association  BPSGM          Les Basses Pyrénées dans la seconde guerre mondiale         64000 Pau

Milice Française. Etat d’esprit du public à la création de la Milice. Pau, mars 1943.

Un rapport du 1er mars 1943 détaille les réactions du public enregistrées à la suite de la création de la Milice Française des Basses-Pyrénées et des Landes.

 

Ce rapport porte la même référence que celui sur la création de la section locale de la Milice Française. Pour accéder à ce document: cliquer ici. 

 

Il semblerait que, d’après le rédacteur du rapport, “cette première assemblée de la Milice n’a pas trouvé une très grande faveur auprès du public”.

 

Copie du rapport du 1er mars 1943. 

N° B.6

RENSEIGNEMENTS SUR L’ETAT D’ESPRIT DU PUBLIC

RELATIF A LA CONSTITUTION DE LA MILICE.

 

Comme mentionné, d’autre part, 800 personnes environ ont assisté à l’assemblée constitutive de la Milice Française des Basses-Pyrénées et des Landes (zone non occupée) présidée par M. le Préfet, on remarquait parmi les assistants, les personnalités officielles suivantes :

                 le Maire de Pau, M. le Secrétaire Général de la Préfecture, M. le Sous-Préfet d’Oloron, M . le Président Départemental de la Légion Française des Combattants, et parmi le public quelques membres de la Légion Française des Combattants et des divers partis nationaux de la ville (P.P.F. – P.S.F. – A.F. – etc…) ainsi que des personnes appartenant à différentes classes de la société. Très peu de fonctionnaires et d’ouvriers ont assisté à cette manifestation.

                Contrairement aux prévisions, cette assemblée n’a pas attiré tout le public escompté. A l’intérieur de la salle, on constatait que quelques fauteuils étaient restés vacants, et à l’extérieur, la diffusion à l’aide de hauts parleurs des diverses allocutions n’a intéressé qu’une centaine d’auditeurs.

                De l’avis de quelques personnes, il ressort que le public a été restreint en raison de l(hure à laquelle la manifestation s’est déroulée. En effet, une partie de la population paloise à coutume d’assister aux offices religieux qui ont lieu le dimanche entre 10 heures et 12 heures.

                En réalité, il semblerait apparaitre que cette première Assemblée de la Milice n’a pas trouvé une très grande faveur auprès du public palois pour les raisons suivantes.

                1 – En raison de la récente arrestation de M. SAÜT, Président Départemental de la Légion Françaises des Combattants.

                L’opinion qui prévaut dans le public au sujet de l’arrestation de M. Saüt est que cette personnalité a été arrêtée à la suite des dénonciations calomnieuses des S.O.L.

                On qualifie maintenant de « Vils mouchardages » ces dénonciations comme l’a prouvé la libération de M. Saüt et les ennemis de la Milice ne manquent pas de démontrer et d’exploiter ce fait.

                Une autre conséquence de l’arrestation de M. Saüt a été de rallier à celui-ci, outre la quasi-totalité de la Légion, de nombreuses personnes qui lui étaient hostiles. Il convient même de noter que quelques S.O.L. ont donné leur démission afin de prouver leur attachement à M. Saüt auquel, disent-ils, « rien ne peut être reproché du fait que la police l’a libéré après trois jours de détention ».

                Les extrémistes légionnaires disent que M. SAÜT est coupable et que s’il s’était agi d’un « pauvre bougre » il aurait été maintenu en prison, mais comme c’était « M. SAÜT » et qu’il y avait eu des interventions puissantes en sa faveur il avait été remis en liberté.

                Il ne s’agit cependant que d’une minorité et l’ensemble des légionnaires reste froid à l’égard de la Milice par solidarité pour M. SAÜT.

                2 – En raison de la propagande étrangère.

                Selon certains renseignements, la propagande étrangère ne cesse de proclamer que la victoire des alliés est certaine et, attaquant la milice, que celle-ci est la copie de certaines organisations allemandes et que ses adhérents seront châtiés à brève échéance.

                Cette propagande trouve un écho favorable dans le public qui en outre, comme mentionné d’autre part, met ponctuellement en relief la récente arrestation de M. SAÜT comme une conséquence de l’action de la Milice.

                3 – En raison de l’attitude de quelques groupes nationaux.

  1. Le P.P.F

Le P.P.F. intensifie sa propagande et exploite à son profit toutes les manifestations nationales. C’est ainsi que l’on pouvait constater aux abords du cinéma du « Béarn » toute une équipe de vendeurs de l’Emancipation Nationale et de propgandistes qui insinuaient ouvertement que le P.P.F. était le meilleur élément de lutte contre le bolchevisme.

Sans suspecter le P.P.F. de se livrer à une action contraire aux intérêts gouvernementaux, on peut affirmer que ce parti, dans le but de grossir ses rangs, porte tort à la Milice quant à son recrutement.

      2.Le Groupe «Collaboration »

Les dirigeants du groupe «Collaboration » comme d’ailleurs ceux du P .P.F. attaquent les chefs de la Milice de B.P. Ils disent qu’il s’agit de la « même clique » que celle de SAÜT, et font ressortir que l’on ne peut leur accorder toute la confiance du fait qu’un neveu de M. DABADIR se trouve en Angleterre et combat actuellement dans l’armée dissidente.

Si l’attitude des dirigeants du Groupe Collaboration peut être attribuée à leur ambition de créer le plus puissant mouvement idéologique de la région, il est à envisager qu’elle portera préjudice au recrutement de la Milice si elle persiste.

                Effets et répercussions de la cérémonie sur le public.

                La puissante allocution du Commandant LAUZIER a produit une très forte impression sur le public. Il est certain qu’elle aura des conséquences favorables à Pau autant qu’en témoignent les commentaires élogieux dont elle faisait l’objet dans la soirée.

                On retiendra seulement que de nombreuses personnes, émues de certains passages de son allocution, admettaient que c’était exagéré en ce qui concerne les communistes et qu’il s’agissait d’un «effet de propagande ».

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Renseignements divers.

 

                Le public qui stationnait devant le cinéma le «Béarn » a beaucoup remarqué l’arrivée de la voiture automobile de M. GIRAL, Secrétaire Fédéral du P.P.F.

                Plusieurs personnes ont dit à haute voix que M. GIRAL devait marcher à pied comme tout le monde.

             D’autre part, de nombreuses personnes jugeaient comme intempestive la présence de vendeurs de journaux et de propagandistes du P.P.F à l’entrée du cinéma «Le Béarn ». Elles disaient qu’actuellement on ne devait pas perdre son temps à «politicailler » et qu’il ne devait y avoir qu’un parti unique : celui du gouvernement.

 

Source: AD64  87W46.

Fac-similé de l’original.

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